Assemblée Nationale
Bonjour à tous!
David, un ami malien qui vient d'obtenir une maîtrise de droit m'avait dit qu'il m'informerait lorsqu'il y aurait une session à l'Assemblé Nationale parce que ça m'intéressait bien d'aller écouter les débats.
Lundi dernier, donc, il m'informe qu'il y a une session: le président vient de nommer une première ministre depuis peu et celle-ci a présenté sa déclaration de politique générale le matin. Il y a eu ensuite les questions des partis politiques. Lorsque j'y étais, l'après-midi, j'ai eu l'occasion d'écouter la réponse de la première ministre et de nouvelles questions des partis. Il faut préciser que l'ancien premier ministre a démissionné pour préparer les élections présidentielles qui auront lieu ici aussi en 2012.
J'avais donc rendez-vous avec David devant l'Assemblée Nationale à 15h30. Il n'était pas là à l'heure et lorsque je l'ai appelé pour lui dire que j'étais arrivée, il m'a répondu de manière très malienne qu'il était en route et que je n'avais qu'à entrer dans la salle. Je demande donc à un planton (en uniforme militaire) où se trouve la salle où se déroule la session parlementaire. Il me conduit dans une grande salle nommée "Modibo Keita", du nom du premier président malien, dont les portraits sont accrochés aux murs. La salle était presque vide et un jeune présent là, me dit que les députés sont en pause. J'observe les lieux: la tribune pour le président, les sièges sur la droite pour les ministres et puis les tables et sièges des députés installés un peu comme dans un amphithéâtre d'université, avec des bouteilles d'eau posées sur les tables. A ma gauche, un petit muret derrière lequel il y a des sièges. Le jeune en question me dit de m'asseoir en me désignant les places qui me semblaient être celles des députés... Perplexe, je lui demande où doit s'asseoir le public. Il me désigne les sièges à ma gauche. Je vais donc m'installer. J'ai bien eu 3/4 d'heure à attendre et à observer ce qui se passait autour de moi: les trois caméras de l'ORTM, les quelques députés qui allaient et venaient, en grands boubous pour certains, costumes à l'occidentale (avec ou sans cravates) pour les autres, quelques femmes, beaucoup d'entre eux portant l'écharpe tricolore (trois couleurs pour le drapeau malien aussi: vert, jaune, rouge) ... Au bout d'un moment, il était temps de commencer et un homme a commencé à appeler les députés au micro : "Honorables, en salle!". On appelle les députés "honorables" et ils se font appeler comme ça... Petit à petit, les députés sont arrivés. Des hommes en costumes sont venus s'asseoir sur les sièges autour de moi. Je ne voyais toujours pas David arriver et je commençais à me poser des questions: étais-je bien à l'endroit où je devais être? Un des hommes assis pas loin de moi m'a demandé si je faisais partie de la coopération helvétique, ou bien de l'ambassade de France... J'ai bien senti à sa question qu'il se demandait ce que je faisais là.
Bon, mais où est David? Finalement, je regarde mon téléphone et je vois qu'il a essayé de m'appeler et m'a envoyé ce message: "es-tu toujours à l'Assemblée? Je suis dans la salle du public". Et là, je comprends que je ne suis pas là où il faut... En sortant pour le retrouver à l'extérieur, je le croise dans le couloir. En me voyant sortir de la salle Modibo Keita, il me dit que j'étais dans la salle des députés et que c'est réservé aux privilégiés... Nous avons donc monté les escaliers qui permettaient d'accéder à la salle réservée au public qui se trouvait en hauteur, invisible de l'endroit où j'étais. Je m'interroge donc sur ce qui a fait que personne ne soit venu me dire clairement que je ne devais pas être là...
Une fois installée dans la salle du public, j'ai pu écouter la première ministre faire ses réponses. J'ai été atterrée de découvrir une femme avec peu d'énergie, une voix faible et molle qu'on entendait à peine malgré le micro. Elle faisait le point sur les projets du gouvernement et ponctuait parfois ses fins de phrases par des "inch'allah". Je me suis dit que si cette femme, qui est sensée avoir le pouvoir s'en remet systématiquement à Dieu dans un pays laïc, les problèmes de ce pays ne sont pas près d'être résolus. Il me semble que le président a visiblement choisi sa première ministre en sachant que d'ici les élections présidentielles il ne se passerait pas grand-chose et qu'il n'y aurait pas de vagues.
Je me suis amusée quand elle a parlé de corruption et de délinquance financière... En effet, j'ai pensé qu'elle avait devant elle les premiers concernés par ce problème.
Elle a cité des chiffres concernant la pauvreté qui diminue au Mali, selon elle. Il y aurait actuellement 43% de Maliens qui vivent avec moins de 175 000 fcfa par an, ce qui fait moins de 500 fcfa par jour. Je me demande d'où viennent ces chiffres...
Les députés sont intervenus de nouveau après 1h15 de réponses de la première ministre.
La plupart d'entre eux ont commencé leur intervention en félicitant la chef du gouvernement pour sa nomination et en émettant des souhaits sur sa réussite.
Une députée du SADI, parti d'opposition est arrivée à la tribune avec un interprète. Le président de l'assemblée lui ayant précisé qu'elle avait trois minutes, elle a donc parlé en bambara sans laisser l'interprète intervenir. Elle a parlé des difficultés rencontrées par les femmes. Après qu'elle ait parlé, un député est venu protester du fait qu'elle ait parlé en bambara, disant qu'il ne comprenait pas cette langue et que les députés devaient s'exprimer en français. Le président de l'assemblée lui a répondu que c'était aux orateurs de s'organiser pour laisser parler leurs interprètes. Ce qui signifie que rien n'est prévu dans le règlement de l'Assemblée pour prendre en compte les députés non francophones. Cette question de la place du français fait réfléchir. En effet, selon les estimations 5% à 14% des Maliens seulement sont francophones. Ce qui veut dire que les députés s'adressent à une inifime partie des Maliens et donc de leurs électeurs quand ils interviennent à l'Assemblée Nationale, sensée être le lieu d'expression du peuple. Le français est la langue de l'élite et du pouvoir et on constate que l'élite n'est pas près de lâcher cet instrument de son pouvoir.
A l'opposé de cette députée bambaraphone, il y a eu la question de IBK, tel que les Maliens l'appellent. Il s'agit d'Ibrahim Boubacar Keita, ancien premier ministre et ancien président de l'Assemblée Nationale. Ses propos ont montré une grande virtuosité dans la maîtrise de la langue française, si bien qu'à la fin de son intervention, le président de l'Assemblée a précisé qu'il aurait pu l'écouter plus longtemps!
Un autre député a interpelé la première ministre sur les chiffres qu'elle a cités concernant la pauvreté. Il lui a demandé d'où viennent ces chiffres qui lui paraissaient optimistes. Il l'a invitée à venir voir ce qui se passe en brousse pour qu'elle se rende compte de la réalité, lui demandant si ces chiffres avaient été calculés en fonction du niveau de vie des députés et des ministres...
Un autre encore a précisé la difficulté de se nourrir que rencontrent les populations de sa circonscription. "Certains cherchent des routes, nous on cherche à manger" a-t-il dit. En effet, de nombreuses questions concernaient la construction des routes qui font cruellement défaut dans beaucoup d'endroits dans le pays.
Voilà donc quelques bribes de ce moment fort intéressant. Je compte bien y retourner à un autre moment quand l'occasion se présentera. Cette fois, je saurai aller directement dans la salle du public...!
Bises à tous!
Colette
centre de formation professionnelle à Siby
Bonjour à tous!
Je fais partie d'une association qui a pour projet la construction d'un centre de formation professionnelle à Siby. Il s'agira de faire essentiellement de la formation agricole.
Le projet avance bien et la coopération espagnole en finance une grosse part.
Dimanche dernier, c'était la cérémonie de pose de la première pierre. C'était un moment très agréable avec l'animation musicale de rigueur, les femmes qui dansaient, les chasseurs et les discours officiels. Comme on est en train d'entrer dans la saison des pluies, il avait plu la veille et pendant la nuit, ce qui nous avait bien rafraîchis.
Voici quelques photos:
Une petite vue générale Les chasseurs
Des membres de l'association
De temps en temps, un chasseur s'écartait du groupe et tirait un coup de fusil, un de ces vieux fusils à poudre. J'ai réussi à en photographier un, juste après, dans son nuage de fumée.
Bises à tous!
Colette
Langues au chat
Bonjour à tous!
Voici donc la réponse à la petite devinette sonore.
Le premier son était bien le bruit des tapeurs de basin. ça fait une vraie musique! Mais je pense qu'ils doivent devenir sourds très jeunes.
Le deuxième son est bien le cri d'un animal. Celui d'une ... grenouille!! Qui s'était installée dans notre piscine. Oui, il y a une piscine dans notre jardin, qui reste vide et qui devient une piscine à grenouilles (justement) dès qu'il y a la pluie. La première fois que nous avons entendu ce cri (qui est très fort) nous nous sommes interrogés pendant longtemps avant de savoir ce que c'était. Nous pensions à une pintade et nous en voulions beaucoup au voisin qui avait eu la mauvaise idée d'installer une pintade dans sa cour et nous espérions qu'il allait la manger très rapidement. Et puis un ami qui est venu nous a dit qu'il s'agissait d'une grenouille dans la piscine. Nous avons testé: le cri s'arrêtait dès que nous lancions un caillou dans l'eau.
Je dois le dire, pour la tranquilité de nos nuits, la grenouille n'a pas survécu...
Il a plu la nuit dernière. Et aujourd'hui, le temps a été très clément. Nous avons péniblement atteint les 30 degrés. Nous avons un bon mois de mai.
Bises à tous
Colette
Quelques sons
Bonjour à tous!
Voici deux sons à écouter et à deviner. Le premier est facile pour ceux qui sont déjà venus au Mali. Le deuxième, moins facile...
Réponse dans quelques jours...
Bises à tous!
Colette
Le Musée du Quai Branly à Bamako
Bonjour à tous!
Je lis sur le net que le Musée du Quai Branly propose une exposition en ce moment qui présente l'histoire et l'art de la culture dogon depuis le Xième siècle jusqu'à nos jours.
Mais le Musée du Quai Branly a aussi une actualité à Bamako au Musée National du Mali. Il s'agit d'une exposition de Ciwaras organisée par les deux musées. Il s'agit, bien sûr, d'une collection appartenant au Musée du Quai Branly.
Au sujet des ciwaras, j'ai trouvé ceci sur le site Malijet:
"Le Ciwara est composé des mots Bamanan CI=Travail et Wara= lion, le Ciwara, sculpté, n’est pas un masque, mais un cimier, tenu au sommet de la tête grâce a un petit chapeau en vannerie. En milieu bamanan, le Ciwara, après plusieurs étapes d’initiation, récompense les plus grands travailleurs dans tous les domaines de la vie active. Représentant l’antilope légendaire des Bambara, le Ciwara est donc le symbole du courage, de l’abnégation, de la sagesse. Les Ciwara en bois sculpté, gravé et patiné, ont valu une célébrité mondiale à l’art bamanan du Mali, en célébrant l’union mythique entre le soleil et la terre, en stimulant l’ardeur au travail des jeunes cultivateurs."
Autant dire que la valeur symbolique de cet objet est très forte. Sur le texte présentant rapidement l'exposition, on peut lire que le "ciwara est un être hybride qui enseigna aux hommes l'art de cultiver la terre", qu'il est "bienveillant et associé à la fertilité des champs et à la prospérité des hommes".
Très peu de choses dans l'exposition sur le sens de ces objets. Presque que des considérations esthétiques: "jeu complexe et raffiné des formes", "pureté des lignes", "crinières stylées", "figures remarquables"... Heureusement, un film produit par le Musée National du Mali nous explique que ces objets existent toujours dans leurs fonctions symboliques, à certains endroits et les images nous montrent une cérémonie de masques ciwaras dans un village du Mali, de nos jours.
Je retrouve dans cette exposition une des choses qui m'avaient intriguées quand j'ai vu le Musée du Quai Branly: beaucoup de choses sur le côté esthétique des objets, peu sur leur fonction symbolique.
Si cette exposition avait été organisée par des Maliens, je me demande si les choix auraient été les mêmes...
Enfin, sur le texte de présentation de l'exposition j'ai relevé des propos surprenants. Après avoir mentionné que l'exposition est le produit d'un partenariat entre les deux musées, il est précisé: "il s'agit surtout, de manière plus que symbolique, de montrer que la circulation des oeuvres peut se faire du nord vers le sud", ce qui sous-entend qu'elle a eu plutôt tendance à se faire du sud vers le nord...
Or,sur les 33 objets présentés, 16 ont été ramenés par l'expédition Dakar-Djibouti de 1931-1933 dirigée par Marcel Griaule. Quand on lit "l'Afrique fantôme" de Michel Leiris, qui faisait lui aussi partie de l'expédition et quand on lit comment ces objets ont été obtenus (achat, vol, pressions diverses...), on se pose des questions sur la circulation des oeuvres du sud vers le nord ...
Un Malien de mon entourage me précise que le directeur du musée a expliqué cette phrase en précisant que c'est la première exposition qui a lieu dans le pays d'origine des oeuvres africaines et que jusqu'à maintenant, cela ne s'était pas fait parce que le musée français craignait que les oeuvres ne soient pas bien conservées et détériorées. Je me demande si cette explication n'aggrave pas les choses...
Bises à tous!
Colette
Ecouter le coeur de la ville
Bonjour à tous!
Samedi dernier, petite balade à un endroit que j'aime beaucoup: il s'agit d'un point de vue panoramique sur la ville de Bamako, derrière l'hôpital du Point G. De là, on surplombe la ville, on voit loin de l'autre côté du fleuve si ça n'est pas trop brumeux. On entend battre son coeur, les rumeurs de la ville, quelques bruits caractéristiques, le klaxon d'un bus, le sifflement du train, la foule dans un stade, ...
Samedi, il était déjà tard, 18 heures, le soleil avait presque disparu, la luminosité était déclinante. Mais ça m'a permis de voir les lumières de la ville s'allumer petit à petit.
Et puis, comme c'était le petit soir, c'était l'heure de l'appel à la prière et j'ai enregistré les bruits de la ville. Voici:
On entend bien les muezzins, et puis en tendant l'oreille on entend la clameur d'un match de foot, le klaxon du train, des voitures, un petit brouhaha de fond ...
Bises à tous!
Colette
la pluie des mangues
Bonjour à tous!
Mercredi soir passé, magnifique orage... Nous n'avions eu aucun orage depuis fin octobre. Juste une petite pluie courant mars, sinon pas une goutte depuis cinq mois. ça a fait du bien à tout le monde. Très beau spectacle: les branches des arbres balancées par le vent, le tonnerre tonitruant, les éclairs, le bruit de la pluie, l'odeur de terre mouillée, l'idée des flaques dans lesquelles le lendemain les oiseaux viendraient boire et barboter (gare au chat!)... et puis, bien sûr coupure de courant! La pluie de cette période est appelée la pluie des mangues. On dit qu'elle fait mûrir les mangues.
Vendredi soir: concert de Bako Dagnon au CCF. C'est une griote que j'aime beaucoup. Elle a une présence magnifique et simple, une voix superbe. On peut trouver des vidéos sur le net en tapant son nom dans un moteur de recherche. Je vous recommande de le faire si vous ne la connaissez pas.
Bises à tous
Colette
Moussa Konaté
Bonjour à tous!
Jeudi dernier, au CCF (centre culturel français) qui s'appelle en fait depuis peu Insitut Français du Mali, j'ai assisté à une conférence de Moussa Konaté, écrivain malien, qui vient de publier un essai au titre éloquent "l'Afrique noire est-elle maudite?". Sa réponse à cette question est bien évidemment négative.
J'ai trouvé les propos de Moussa Konaté très intéressants et je pense que son livre vaut d'être lu. Il a expliqué que ce livre est probablement l'aboutissement de tous ceux qu'il a écrits auparavant.
Je vais essayer de vous transmettre quelques bribes de ce qu'il a dit.
Selon lui, dans la société traditionnelle africaine, les ancêtres ont un grand rôle (et sont d'ailleurs la base de toutes les croyances animistes sur lesquelles les religions monothéistes se sont greffées). Dans la tradition donc, il faut respecter ses parents pour être bénis par eux. Et si on est béni, il ne peut rien nous arriver. C'est pour cela que les Africains ne comprennent pas comment ils ont été vaincus lors de la colonisation. Et selon Moussa Konaté, ils n'ont toujours pas compris. Il a cité un proverbe ivoirien: " Dieu est grand mais le Blanc n'est pas petit", qui en dit long. Avec la colonisation (et même après) les structures occidentales se sont mises à cohabiter avec les structures traditionnelles dans lesquelles on ne peut pas prendre le contre-pied de ce qu'ont dit les ancêtres, donc il y a conflit. Face à la colonisation, les Africains se sont bloqués sur leur culture.
Dans la culture ancestrale, il y a la recherche de l'harmonie. On éduque les enfants à ne pas contredire, à toujours accepter. L'éducation est faite pour que l'individu existe au sein d'un groupe et toute individualité est entravée. Du coup, les individus sont très peu capables d'initiatives, ont peu confiance en eux-mêmes et l'irrationnel a trop de poids: certains ne savent qu'aller voir les marabouts quand ils ont besoin de quelque chose. Moussa Konaté préconise la recherche du développement de l'individualité sans tomber dans l'individualisme occidental. Il dit même qu'un jour la migration sera inversée: les Occidentaux viendront chercher en Afrique ce qu'ils ne trouveront plus en Occident au niveau des valeurs humaines.
Il a aussi dénoncé fortement la polygamie et l'excision.
Il a valorisé la solidarité traditionnelle en mettant également en avant ses travers: vivre aux crochets de celui qui gagne de l'argent sans se soucier d'autre chose. Il précise qu'on dit que les Occidentaux sont stressés mais que les Africains le sont aussi: même s'il marche sans se presser dans la rue (ce qui correspond à l'image de l'Occidental stressé qui est toujours pressé), ils sont stressés par la pression sociale et familiale. Il a dénoncé l'obligation de vivre ensemble qui est selon lui un mode de vie qui empêche l'intelligence de s'épanouir car il est impossible de s'isoler pour penser.
Le changement passera en partie par l'école mais il faut commencer par changer la langue d'enseignement qui est perçue comme une langue supérieure et c'est la langue du vainqueur. Mais cela n'est pas dans l'intérêt des élites à qui la langue française donne du pouvoir. Il faut aussi enseigner qu'on peut dire non sans être maudit.
Pour que les choses changent, il faut penser. Le fonctionnement de la société africaine rend la pensée difficile. Les intellectuels n'ont même pas le temps de réfléchir pour penser.
Voilà en gros, ce que j'ai retenu des propose de Moussa Konaté. Cela m'a semblé très intéressant et m'a donné envie de lire son livre. A vous aussi peut-être!
Les débats qui ont suivi son intervention ont été aussi très instructifs. Ce qui était à noter, c'est que le public était composé majoritairement d'Occidentaux mais que ceux parmi le public qui ont voulu prendre la parole étaient pratiquement tous des Africains, Maliens essentiellement. Cela montre que les propos de Moussa Konaté ont provoqué des réactions. Peut-être qu'il a planté quelques petites graines du changement, puisque ce changement, bien qu'il doive avoir une dimension politique, doit aussi se faire dans les têtes.
Il faudrait offrir quelques exemplaires du livre de Moussa Konaté aux dirigeants maliens, qui selon un ami malien présent à la conférence, doivent se faire du souci avec tout ce qui se passe actuellement dans le monde!
Bises à tous!
Colette
Oiseaux
Bonjour à tous!
Hier, j'ai fait une grande promenade dans la campagne de Siby. Je suis partie munie de mon appareil photo et de mon dictaphone. Quelquefois, je les promène et ils ne me servent à rien mais là j'ai fait une petite récolte.
J'ai enregistré un calao:
J'avais déjà entendu ce cri d'oiseau qui est assez particulier mais je n'avais pas encore fait le lien entre le ramage et le plumage.
C'était un calao à bec noir (selon mon livre sur les oiseaux d'Afrique de l'Ouest). Il est resté perché en haut d'un nèrè pendant plusieurs minutes et j'ai eu tout le loisir de le regarder, le photographier (je ne suis pas équipée pour les photos animalières mais tant pis!), l'écouter, l'enregistrer. Je ne sais pas pourquoi il poussait son cri ainsi mais c'était un vrai petit concert. Et il m'a donné l'illusion qu'il chantait pour moi!
Pour les photos, je vous en mets une quand même mais c'est pas très parlant:
J'ai enregistré un autre oiseau:
Ce bruit est le bruit de son bec qu'il cogne contre les troncs des arbres, donc il paraît que c'est un pic. Selon Sénou, c'est un si petit oiseau, que s'il ne faisait pas tout ce bruit, on ne saurait même pas qu'il existe!
Bises à tous!
Colette
Vérité de soldat
Bonjour à tous!
J'ai vu un très bon spectacle de théâtre au mois de janvier dans une salle de spectacle qui s'appelle le Blonba. Je l'ai revu hier au CCF. ça s'appelle "vérité de soldat". Pour ceux qui connaissent, les comédiens sont Michel Sangaré, Maïmouna Doumbia et Adama Bagayogo.
Deux des personnages sont issus de l'Histoire du Mali: Sougalo Samaké, soldat de l'armée coloniale, sous-officier puis officier de l'armée malienne, qui a arrêté le premier président malien, Modibo Keita lors du putsch de 1968. Le deuxième personnage est Amadou Traoré, socialiste convaincu et très actif pendant la première République. Le premier a été le tortionnaire du second lors du coup d'état. Ce texte est pourtant issu du livre "ma vie de soldat", dans lequel le tortionnaire raconte sa vie au torturé, comment de paysan il est devenu soldat, comment en bon Bamanan, il défendait l'honneur avant tout. En bon soldat, il a obéi, il a été un élément clé de certains événements de la dictature qui a succédé au Mali socialiste mais il semble agir selon des motivations éloignées des enjeux réels, avec une compréhension limitée de ce qui se passe. Entre autres, il explique qu'il a arrêté Modibo Keita parce que lorsque celui-ci était président, il négligeait l'armée au profit de milices. En politique, dit-il, le plus important est de ne pas faire de mécontents. Finalement, Modibo Keita est ramené de son lieu de détention à Bamako. Soungalo Samaké est chargé de s'occuper de lui, ce qu'il fait. On finit par le soupçonner de vouloir rétablir Modibo Keita au pouvoir. Celui-ci est empoisonné et Soungalo Samaké finit par être lui-même emprisonné à Taoudéni, au nord du Mali, en plein désert, lieu où ont été envoyés ceux qu'il avait lui-même torturés.
Le troisième personnage de la pièce est une femme, symbole du Mali démocratique, qui interroge les deux autres protagonistes sur leur rôle dans le passé. Une grande partie du spectacle est en bambara sous-titré en français. Ce bilinguisme, rare dans un pays pourtant multilingue est fort intéressant.
C'était vraiment un très bon spectacle. Très fort, qui secoue beaucoup et qui secoue d'autant plus les nombreux Maliens présents dans la salle pour qui tout ceci a un sens par rapport à leur vécu.
Voici ce qu'en dit le site de RFI: http://www.rfi.fr/afrique/20101110-verite-soldat-raconte-50-ans-histoire-mali-independant
Bises à tous
Colette




















